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Qu'est-ce VRAIMENT que le flexitarisme ?

Il a fait son entrée dans la liste des mots de l’année outre-Atlantique en 2003. Depuis, le flexitarisme a peu à peu pris sa place dans la bouche des personnes voulant changer leur alimentation. Trop restrictive pour certains, pas assez pour d’autres : sa définition est aussi floue qu’elle suscite des réactions. On s’accorde souvent à dire qu’être flexitarien.ne c’est manger moins de produits animaux, et le faire mieux (local, dans de bonnes conditions d’élevage et d’abattage, etc.). Avec la sortie récente du clip « Naturellement flexitariens » par Interbev, ce terme fait de plus en plus débat. Retour sur ce mode de consommation !

I/ La campagne Naturellement flexitariens

1- Qu'est-ce que ça dit ?

Dans la vidéo d’Interbev (Interprofession bétail et viande = lobby de la viande) qui circule beaucoup en ce moment sur tous les canaux de diffusion possibles, on découvre Thomas, un jeune bobo qui aime le yoga, les jus détox et trier ses déchets. « Mais parce qu’il est naturellement flexitarien, Thomas aime aussi la viande. » S’en suivent des plans de barbecue entre amis et une visite dans une boucherie. Le mot d’ordre : aimez la viande et mangez-en mieux grâce à la filière française.

2- Pourquoi ça coince ?

Pourquoi cette vidéo fait-elle autant réagir tout le monde, du plus engagé des véganes au plus convaincu des viandards ? Eh bien parce que cette vidéo, c’est un peu nous prendre pour des pigeons. (Sans vouloir offenser les pigeons.)

On rappelle donc que le flexitarisme, c’est d’abord vouloir diminuer son impact sur les animaux et/ou la planète et/ou sa propre santé en changeant sa consommation. Or, dans le message passé ici et quand on se balade sur le site dédié, il n’est nullement question de ça. On nous explique même que pour un repas équilibré, le trio gagnant se compose de viande, de légumes et de féculents.

Il n’est ici nullement question de réduire sa consommation, malgré les nombreuses études qui prouvent que c’est une décision pertinente pour la santé et la planète (et pour les animaux, bien entendu). On nous dit même « La question n’est donc probablement pas de savoir comment réduire votre consommation de viande, mais plutôt comment l’accommoder à votre goût, et par quels légumes et féculents l’accompagner pour vous régaler ! ». Être flexitarien ce serait donc… Manger des légumes avec sa viande. (On vous prévient, si vous ne mangiez pas encore de légumes, vous risquez d’être carencé.e...)

Insolente Veggie, @RosaBDB12, en parle en détail dans ce parfait thread Twitter dans lequel elle revient notamment sur le fait qu’une viande d’origine française n’est en aucun cas garante de bien-être animal : 80% de l’élevage en France est industriel.

II/ Les flexi sont nos amis

Alors, qu’est ce que c’est VRAIMENT, être flexitarien.ne ? Le propos de la vidéo concernée est la viande rouge, puisque c’est de ce lobby dont il est question. Cependant, diminuer la « viande » c’est réduire sa consommation de bœuf mais aussi de poulet, de rillettes, de poisson... Voici quelques idées pour aborder une démarche flexi, quelles que soient vos motivations !

1- De la meilleure qualité

Si votre approche est de consommer « mieux » les produits animaux, différents labels peuvent vous aider dans votre démarche.

Quid du local ?

De manière générale, si vous avez la chance d’avoir près de chez vous un élevage dans lequel vous avez confiance, privilégiez le contact direct avec le producteur. Ce n’est pas parce qu’il est local qu’il est propre (il y a bien des gens qui habitent à côté des élevages industriels), mais si vous avez l’occasion de voir des conditions qui correspondent à vos valeurs, alors c’est parfait pour vous.

Quid des courses ?

Vous n’avez pas accès à ces élevages ? Lorsque vous faites vos courses, vous pouvez décider de ne choisir que des produits issus de l’agriculture biologique (dont les conditions d’élevage sont plus restrictives et qui, au moins, sont moins néfastes écologiquement) et d’origine française (avec une traçabilité avérée, donc, mais aussi une empreinte carbone diminuée).

En utilisant les filtres « Agriculture biologique », « N’est pas un grand groupe » et « Priorité France » d’EthicAdvisor, les produits à base de viande passent du nombre de 3612 à… 35. Une recherche restreinte, donc, mais qui vous laisse de quoi manger !

Pour retrouver ces produits, c’est par ici.

Quid du poisson ?

Grands oubliés des débats flexitariens, les poissons restent des animaux (ils ne poussent pas encore dans les arbres !) et changer cette consommation fait aussi partie de la démarche. Vous pouvez par exemple décider de ne consommer que du poisson issu de pêche durable (label MSC) et pêché ou transformé en France. Ainsi, en sélectionnant les filtres « Pêche durable », « N’est pas un grand groupe » et « Priorité France », vous passez de 1838 à 27 résultats. 27 types de produits, c’est bien suffisant pour vous qui cherchez à changer !

Pour retrouver ces produits, c’est par ici.

2- Moins souvent

Quelles que soient vos raisons de devenir flexitarien, en manger mieux va de paire avec en manger moins ! Voici quelques astuces pour vous aider à passer le cap.

  • Rappelez-vous pourquoi vous avez fait ce choix : c’est toujours plus facile de prendre des décisions quand on comprend pourquoi ! Vos convictions personnelles peuvent alors vous aider.
  • Accordez-vous des moments de plaisir : si vous voyez votre blanc de poulet quotidien partir la larme à l’œil, gardez en tête que vous allez par exemple avoir le plaisir de cuisiner une entrecôte de bonne qualité ce week-end. Il faut que cette démarche reste une expérience positive.
  • Découvrez des alternatives : en cuisinant de nouvelles choses, en goûtant de nouveaux produits, la viande et le poisson ne vous manqueront sûrement plus ! Le merveilleux monde des légumineuses s’offre à vous (pois chiches, lentilles…) et à vous les chilli sin carne ou les steaks végétaux. Proitez-en pour découvrir de nouveaux aliments (vous verrez, le tofu nature n’est pas la seule option). Internet regorge de recettes pour vous accompagner ! Et des services comme Rutabago (paniers de légumes bio et locaux) peuvent vous inspirer.

III/ Flexi pour la vie ?

1- Pourquoi aller plus loin ?

En fonction des raisons pour lesquelles vous décidez d’être flexitarien.ne, il vous semblera peut être logique de devenir ensuite végétarien.ne ou végétalien.ne. Nous ne détaillerons pas ici toutes les raisons pour lesquelles vous pourriez le devenir, nous vous laissons votre esprit critique pour mettre de côté la dissonance cognitive.

Mais peut-être êtes-vous par exemple tombé.e sur cette planche (toujours d’Insolente Veggie qui entraînera ensuite toute une série de dessins) et qu’elle vous aura fait réfléchir !

Si vous êtes le genre de personne à dire « Végane c’est trop extrême, végétarien je pourrais mais végane non merci. », alors devenez végé ! Vous l’avez dit vous-même, vous le pouvez.

C’est une décision qui est décrite comme extrêmement contraignante par certains et comme extrêmement facile par d’autres. Chaque personne le vit différemment, mais cela pourrait vous faire du bien dans tous les cas, si cette décision vous rapproche de vos valeurs.

2- Comment aller plus loin ?

Le passage au végétalisme pourrait faire l’objet d’un article entier (dites-le nous en commentaire si ça vous intéresse, cela fera plaisir à la végane de l’équipe), mais on va essayer de faire court !

Tout d’abord, prenez de la vitamine B12 ! On ne le répètera jamais assez, mais cette complémentation (ou supplémentation si vous devenez végane) est préventive et nécessaire. Le fait de prendre une vitamine ne décrédibilise pas votre choix, la preuve par ici avec Rosa B (encore elle !). Voilà, maintenant on peut enchaîner.

De nombreux sites vous permettent de trouver des recettes pour faciliter ce passage. Aujourd’hui, d'innombrables alternatives existent, que ce soit pour remplacer un œuf dans un gâteau ou faire une blanquette sans veau.

Parmi la sélection EthicAdvisor, de nombreux produits sont labélisés végane ! Non seulement dans l’alimentation, mais aussi dans les cosmétiques. Découvrez la sélection avec ce filtre par ici.

Petit truc à savoir : tous les fromages ne sont pas végétariens, découvrez pourquoi par ici.

Tout comme pour le flexitarisme, ne perdez pas de vue la raison pour laquelle vous avez fait ce choix. Ça vous aidera lors de vos premiers apéros ou de vos premières raclettes... Et ne vous flagellez pas si vous faites des écarts. Faites vous du bien en faisant du bien, comme d’habitude. L'éthique suivra de près !

Disclaimer : cet article a été écrit par une végane essayant de ménager la chèvre et le chou (littéralement hahaha).

Youna Zerrouki

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