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Le label bio est-il suffisant ?

Partie 1: Votre santé

Le BIO est sujet à toutes sortes de réactions. Adepte ou détracteur, convaincu ou méfiant, rares sont les personnes n'ayant pas un avis sur la question. Le label BIO, parce qu'il est censé être gage de qualité, est parfois critiqué car imparfait, autorisant pesticides et additifs. Est-ce une raison pour se rabattre sur les produits issus de l'agriculture conventionnelle ? EthicAdvisor revient sur les bases des labels BIO, ce que les cahiers des charges promettent et les zones grises.

Que signifie le label BIO ?

Une rapide histoire du bio

- Premières apparitions en Allemagne dans les années 20 et label Demeter en 1932

- Un premier label français (Nature & Progrès) en 1964.

- Une généralisation dans les années 70, sous la poussée du mouvement "hippie"

- Une reconnaissance officielle par l’état français du statut de "produit bio" en 1981

- Une fusion des labels nationaux au niveau Européen en 1991 (produits végétaux) et 1999 (produits animaux)

- Un label européen actuel depuis 2009 et de nombreux labels BIO indépendants

Le label européen officiel

Aujourd'hui, le BIO est défini au niveau européen sous appellation "Agriculture Biologique". Le label BIO français est le strict équivalent.

Le symbole européen est le suivant :

Une version française du logo existe encore mais est appelée a disparaître au profit de l'européen :

Si aucun de ces logos ne figure sur votre produit, il n'y a aucune garantie !

En plus du logo, plusieurs informations peuvent également figurer:

Vous pourrez donc trouver des "Agriculture France" en lieu et place de "UE" ou "NON-UE" si le produit contient plus de 98% de matières premières françaises.

Le cahier des charges du label BIO européen

Production végétale

  • Les semences et plants employés doivent avoir obtenu le label bio de l'Union européenne, et ne doivent pas être issus d'OGM.
  • « La fertilité et l'activité [biologique] du sol doivent être maintenues ou augmentées en priorité par des rotations de cultures, la culture d'engrais verts, le recyclage et le compostage des matières organiques », de préférence produites localement.
  • La réglementation énumère d'autres engrais ou amendements d'origine naturelle, autorisés dans la mesure où ils ne proviennent pas d'élevages industriels.
  • La protection contre les parasites, adventices (mauvaises herbes) et maladies doit favoriser la prévention par un meilleur choix des variétés, un travail du sol approprié, des rotations et associations de cultures, la plantation de haies. En cas d'attaque, la lutte biologique et d'autres moyens sont autorisés dans des conditions définies.

Production animale

  • Le choix des souches et des races doit être adapté à l'environnement local.
  • Les animaux doivent être nés sur l'exploitation ou issus d'exploitations certifiées biologiques.
  • Des cas particuliers permettent d'assouplir ces règles dans des conditions spécifiées.
  • L'élevage hors-sol est interdit.
  • Tous les animaux ont accès au parcours et les ruminants pâturent dès que les conditions le permettent.
  • Les animaux doivent avoir accès à l'air, la lumière, l'espace paillé à l'intérieur des bâtiments, leur permettant de se mouvoir librement.
  • La taille des élevages est limitée selon le type d’animal et selon des densités spécifiées.
  • L'alimentation des animaux doit avoir une origine majoritairement locale.
  • 100 % de l'alimentation des animaux doit avoir obtenu le label bio de l'Union européenne, sauf cas particuliers (monogastriques).
  • L'usage des OGM dans leur alimentation est interdite, l'usage des additifs est spécifiquement réglementée.
  • Les jeunes mammifères doivent être nourris au lait maternel ou naturel (cf. Article 14, 1.d.vi) 
  • Le gavage est interdit.
  • La santé des animaux doit être basée sur la prévention, et en cas de soins, si des produits de phytothérapie, d'homéopathie ou autres sont appropriés, ils doivent être préférés aux médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse (cf. Article 14 1.e.ii).
  • D'autres médicaments vétérinaires sont utilisables dans un cadre spécifié.

Transformation

  • Au moins 95 % des ingrédients d’origine agricole (hors eau, sel et additifs) d'un produit labellisé doivent eux-mêmes porter ce label. La réglementation spécifie les produits autorisés dans les 5 % restants.
  • Les arômes ajoutés doivent être naturels.
  • Seuls des additifs et auxiliaires spécifiés par la réglementation sont autorisés.
  • Jusqu'à 0,9 % d'OGM sont admis dans la composition des aliments.

Il est intéressant de noter qu'au-delà d'une alimentation plus saine pour notre santé, le label BIO européen met aussi un focus sur le bien-être animal et l'impact écologique. Même si le cahier des charges pourrait être plus strict, ces aspects nous permettent de faire figurer le critère BIO dans plusieurs de nos catégories !

Enfin, sachez qu'en aval de ce cahier des charges des contrôles sont effectués afin de s'assurer du respect des critères sur le long terme. En 2017 il y a ainsi eu :

  • 83 038 contrôles réalisés (dont 53 820 au titre du contrôle annuel obligatoire et 29 218 au titre des contrôles supplémentaires)
  • 2 796 produits échantillonnés et analysés, soit 5,3 % des opérateurs ayant fait l'objet d'un prélèvement pour analyse
  • 5 516 sanctions allant du déclassement de produits jusqu'au retrait de l'habilitation de l'opérateur

Source

Notons que ce dernier chiffre est impressionnant : plus de 7% de non conformité !

Les produits BIO non-UE: une première ambiguïté

Si le cahier des charges ci-dessus est commun à l'ensemble des pays européens, il n'en est pas de même pour le reste du monde. Ainsi, un produit brésilien bio (sur le cahier des charges brésilien) sera automatiquement considéré comme bio européen, sous le principe de l'équivalence qui est actuellement la règle.

Méfiance encore aujourd'hui

Il faudra attendre 2021 pour que les produits importés hors Europe aient à minima le cahier des charges européen. A ce jour, vous pouvez donc acheter des ananas BIO d'origine américaine estampillé BIO en Europe, alors que ce pays autorise la culture hors sol (hydroponie) qui est pourtant interdite dans le label BIO européen. De même les produits phytosanitaires autorisés BIO dans certains pays ne sont pas autorisés dans le BIO européen.

Aujourd'hui 42% des produits BIO consommés en France ne sont pas produits en France. Nous le déplorons entre autres pour l'impact CO2 lié au transport et nous vous proposons d'ores et déjà de trier les produits sur EthicAdvisor via les critères BIO et Priorité France !

Deuxième ambiguïté: les pesticides

BIO, c'est sain. Oui, c'est beaucoup plus sain que le non BIO. Pourtant le sujet des pesticides reste une vérité qui dérange. Ainsi, Sur 68000 tonnes de produits phytosanitaires vendus en France, environ 27% sont autorisés pour l’agriculture biologique. Si ces derniers sont d'origine naturelle, et sont largement moins dangereux que les pesticides d'origine chimique, il existe plusieurs cas de pesticides autorisés douteux, voire retirés de la liste autorisée au fil du temps.

Des pesticides controversés

Ainsi la roténone, pesticide biologique largement utilisé en bio dans le passé, a fini par être interdit en 2011 suite à des suspicions de risques liés à la Maladie de Parkinson.

Toujours autorisé, le spinosad, un insecticide “naturel” autorisé en bio est un autre exemple de pesticide biologique dont les effets environnementaux peuvent être négatifs : il est en effet reconnu comme un insecticide très toxique pour les pollinisateurs (abeilles et autres).

BIO mais pas immaculé

Enfin, la mixité des cultures BIO et non BIO étant autorisée dans le label BIO européen, on observe des transferts de pesticides non autorisés sur certaines cultures BIO. Les labels BIO plus exigeants comme BIO cohérence ou Nature & Progrès limitent ce phénomène. On vous en dit plus un peu plus loin.

Pas de solution miracle, même avec EthicAdvisor. Petit conseil pourtant : pensez à privilégier le BIO français, ou européen et... à tout de même rincer vos fruits et légumes avant de les consommer !

Troisième ambiguité : les additifs

Le BIO c'est naturel. Oui, c'est beaucoup plus naturel que le non BIO. Pourtant, 51 additifs sont autorisés dans le BIO européens dont la liste est disponible ici.

Certains sont déjà identifiés comme dangereux, comme les nitrites, présent notamment dans certains jambons BIO ! Voici la liste des additifs autorisés dans le BIO mais pourtant déjà suspects :

Les autres labels BIO

En réponse à toutes ces limitations et ambiguïtés du BIO européen, certains labels ont fait leur apparition (certains existaient même avant) avec des critères plus stricts, que ce soit au niveau de notre santé ou au niveau du traitement des animaux. Ce tableau résume les principaux labels :

Beaucoup de labels, n'est-ce pas ? Mais pas de soucis, dans la recherche de produits Ethicadvisor, vous pouvez non seulement filtrer les produits Label BIO européen, mais aussi les 5 autres labels ci-dessus ! Par exemple avec le filtre Demeter, par ici.

En conclusion..

Chez EthicAdvisor, il n'existe aucune ambiguïté sur le fait que le BIO, ne serait-ce qu'avec le label européen, soit une grande avancée par rapport à l’agriculture conventionnelle comme un récente étude sur 70 000 personnes le confirme. Il faut donc le privilégier autant que faire se peut. Il convient cependant de garder à l'esprit que le label n'est pas la panacée, et qu'il est toujours possible d'aller "plus loin". Grâce à EthicAdvisor et aux critères multiples, vous pouvez par exemple choisir le BIO sans additifs, et/ou produit en France et/ou les "petits" labels BIO

Youna Zerrouki et Eric Taillard

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