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La durabilité : enjeu éthique du XXIe siècle

Tenir dans le temps. Être viable, vivable. Alors que les esprits s’activent peu à peu à se rendre compte que la place de l’Homme sur Terre pourrait avoir une date d’expiration, les cerveaux s’emballent. La durabilité est sur toutes les lèvres averties. Le développement durable, séduisante idée, se définirait comme suit : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Historiquement (et politiquement) représenté avec les axes « Economie, société, environnement », vous nous connaissez chez EthicAdvisor : on n’a pas pu s’empêcher de passer la durabilité sous les faisceaux de nos trois piliers Santé, Social, Planète. Car si économie et société sont intimement liés, la santé est une des premières victimes de nos chimères d’instantanéité.

I/ SANTE : L'instantanéité ennemie de la durabilité

Dans notre société occidentale, la nourriture n'a jamais été aussi omniprésente. Chaque grande ville vous permet de recevoir le plat de votre choix au pied de la porte. Chaque magasin vous propose des repas si pratiques, si bien conditionnés, que vous avez à peine à vous arrêter de marcher pour vous sustenter. Tout, tout de suite, avec un minimum d'effort : l'instantanéité est au cœur de notre alimentation.

Une tomate ayant mûri lentement en pleine terre et au soleil sera gorgée de nutriments. Un réel intérêt nutritionnel indéniable, car cette tomate a... Pris son temps. Tout comme la mastiquer lentement, en "pleine conscience" vous aidera à prendre soin de votre système digestif.

Indéniablement, la durabilité s'inscrit dans le temps. Qu'il soit à long terme pour les générations à venir ou à très court terme pour savourer une tomate.

Il est acquis que, si nous survivons maintenant plus longtemps qu'il y a quelques décennies, nous ne vivons pas mieux nos vieux jours. Les technologies et connaissances actuelles en confort de vie, en santé et en traitement des maladies ne peuvent être pertinentes que si mises en oeuvre dans une société où le rythme de vie est adapté à cette recherche de longévité.

"Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé.", martèle-t-on à nos bambins entre deux publicités pour des pâtes à tartiner. Encore faut-il qu'ils sachent différencier "bons et "mauvais" gras, qu'on leur explique ce que les sucres font à leur corps. En d'autres termes, il faut enseigner, apprendre, éduquer. Enseigner ce que la science nous dit, apprendre au quotidien, éduquer nos prochains. Cette éducation à la santé se doit d'être la plus neutre et accessible possible, de préférence non perpétuée par des affiches et des événements montés de toute pièce par des lobbies.

Hugo Clément témoin de l'insertion des lobbies dans les écoles.

II/ SOCIAL : Pour des conditions de vie durables

« Give a man a fish he’ll eat for a day. Teach a man how to fish, he’ll eat his whole life.”

1/ Commerce équitable, commerce durable ?

La recherche de la durabilité ne saurait se désolidariser d’une justice sociale globale. On parle ici à la fois de pays auxquels ont laisserait la capacité d’émerger et d’habitants de régions dites industrialisées qui sont pourtant laissés pour compte.

Dans une société où la consommation est agrémentée au quotidien avec des produits importés de toute part, la notion de « commerce équitable » est intimement liée à la durabilité. On cherche ainsi à transmettre les savoirs, à donner les moyens à ceux avec qui on marchande de (re)trouver une indépendance.

Sans pour autant tomber dans un cliché évangéliste aux relents colonialistes, des entreprises mettent un point d’honneur à donner à ceux qui en ont besoin des clés nécessaires pour survivre dans des écosystèmes où la durabilité de la dignité humaine n’est pas encore l’affaire de tous. Isahit par exemple, jeune entreprise à vocation sociale, permet aux femmes d'Afrique et d'Asie de gagner leur vie décemment pour pouvoir réinvestir leur argent dans le développement de leurs différents projets de vie : poursuivre leurs études, lancer une activité entrepreneuriale, financer des formations, acheter du matériel pour leur activité, etc.

2/ La durabilité comme critère d'épanouissement social

Le commerce équitable fait penser aux cultures de café, de cacao. Mais nul besoin de traverser l'océan pour voir que la durabilité sociale n'est pas acquise pour tous.

Où se trouve la durabilité, quand on enferme des personnes dans un travail aux horaires déments avec un salaire permettant tout juste de faire survivre un foyer, mais ne laissant pas de fenêtre à l’accès à la culture, au temps pour soi, au sport, à la politique ?

La durabilité sociale ne peut passer que par l’éducation, l’accès aux formations, aux aides, aux accompagnements de réinsertion. Car personne ne veut se contenter de la misère : encore faut-il avoir le temps, l’énergie, la connaissance, pour avoir accès aux solutions qui émergent peu à peu...

« Quand on veut on peut » étant certainement la plus grosse arnaque sociale. Les belles histoires d’envol social existent, mais ne sont-elles pas trop peu nombreuses si on arrive à sortir toujours les même en épouvantail ? « Il n’y a qu’à aller de l’autre côté de la rue », qu’il disait. Mais pour la vie des personnes concernées, peut-être pourrions-nous installer un feu au passage piéton et aider les plus faibles à traverser ? Cela donnerait une toute autre dimension de durabilité à des quotidiens qui vous roulent dessus.

III/ PLANÈTE : La durabilité n'est pas un caprice

1/ Exit les solutions à usage unique

Refuser l’immédiateté et la satisfaction égoïste à court terme en tant que norme, c’est aussi admettre que la durabilité des objets que nous utilisons au quotidien devienne un critère primordial.

Petit à petit, les gouvernements combattent les objets à usage unique en plastique. Sacs, couverts, cotons tiges… Bien que leur interdiction soit une avancée non négligeable, leurs remplaçants n’en sont pas parfaits : bambou, carton, papier. Du recyclé, du recyclable, mais toujours et encore du jetable. Des biens à produire, des déchets à traiter. On vous en avait déjà parlé dans cet article !

En réaction, des innovations qui font lever les yeux aux plus anciens. Consigner les bouteilles, généraliser le verre, se promener avec un cabas, se laver avec des bouts de tissus… Si je n’avais pas qu’un quart de l’âge des personnes ayant vraiment vécu cette époque, je pourrais presque laisser échapper un « C’était mieux avant » dédaigneux.

Ré-inventions ou pas, la situation est telle qu’elle est et les solutions tombent à point nommé. Cotons réutilisables, gourdes en inox, vêtements qui durent une vie : il est primordial de se réapproprier ce réflexe de consommation durable.

2/ Energies renouvelables, durabilité par essence

Nous ne pouvions pas parler durabilité sans aborder la question des sources d’énergie.

Notre rapport à l’énergie s’est lui aussi transformé : on a pris conscience qu’il fallait éteindre les lumières des pièces dans lesquelles on ne se trouvait pas et qu’on ne prenait pas sa voiture pour 500 mètres. D’abord parce que ça revenait à cher, puis parce qu’insidieusement la notion de finitude des ressources s’est imposée à nous.

Les barrages hydrauliques, les éoliennes, les panneaux solaires : toutes ces solutions utilisant des ressources qualifiées d’inépuisables sont soumises à de vives critiques. Certaines, presque trop téléphonées, sortent tout droit des lobbies du pétrole et autres énergies fossiles. D’autres, pourtant, sont légitimes et reflètent notre inquiétude quant à la mise en place de solutions n’ayant pas toujours de visibilité à moyen terme. Production, entretien, recyclage… Impact sur les paysages, les animaux, les écosystèmes…

Aujourd’hui, comme dans la plupart des situations de prise de position, il n’est possible que de faire des choix allant vers le moins pire. Le pétrole est une hérésie écologico-socio-économique, et si on essayait autre chose ? Accompagner la transition avec des fonds de recherche afin de perfectionner cet « autre chose », en voilà une idée.

En attendant, notre relation à l’énergie pourrait encore aller plus loin : il est possible de faire des choix de vie concrets aidant à la durabilité de notre consommation. En abaissant nos « besoins » à des niveaux plus cohérents avec la situation écologique actuelle, mais aussi en choisissant des fournisseurs d’énergie dont la volonté écologique et sociale est prouvée, comme Enercoop.

La notion de développement durable est maintenant au cœur des objectifs des Nations Unies, qui en ont sorti 17 objectifs allant de la lutte contre le gaspillage à la démocratisation des vaccins. Chez EthicAdvisor nous sommes persuadés qu'au delà d'une dimension politique nécessaire, nous pouvons tous choisir d'avoir un regard concerné sur ces objectifs. C'est ce que nous essayons de refléter avec notre sélection de pépites éthiques.

Youna Zerrouki

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